C’est
Winnicott un psychologue pour enfant du dernier siècle qui a écrit un jour que
tout ce dont un enfant a besoin pour bien se développer c’est une «good enough
mother». C’est exactement ce que nous comme mamans en 2015 oublions souvent de
nous répéter lorsque confrontées aux exigences des médecins/familles/société.
Une
mère juste correcte, que je nommerai la MJC , c’est celle qui fait de son mieux
en allant chercher des informations toutes plus contradictoires les unes que
les autres et qui finalement arrive à la conclusion que c’est le fameux
instinct qu’il faut écouter. La MJC veut
le mieux pour son enfant, mais se trompe souvent, mais apprend de temps en
temps de ses erreurs. On peut la trouver
devant son écran à fouiner dans les forums et à texter à ses amies mamans en
panique après un rdv peu rassurant chez le doc. La MJC, ne veut surtout pas se
comparer aux autres, mais fini toujours par le faire quand même et à se
culpabiliser pour. Elle se dit que son petit n’a pas besoin de toutes sortes de
bébelles pour grandir, mais sa maison ressemble de plus en plus à une garderie. La MJC, s’en met bien trop sur les épaules et
comme sa tête est toujours trop pleine et ses nuits trop blanches elle passe
son temps à oublier ses clés, son porte-feuille, téléphone, rdv…
Avant
d’avoir ma progéniture dans les bras, je me disais que j en avais déjà bien en
masse de m’occuper de mon petit moi et j’avais de la difficulté à imaginer
comment j’arriverais à m’occuper de quelqu’un d’autre. Maintenant qu’il est bel
et bien là, oui des jours je trouve difficile que quelqu’un dépende de moi pour
survivre. Mais ce ne sont ni les couches, ni les réveils ou les pleurs qui me
pèsent ces jours-là, c’est l’incertitude et l’angoisse qui me pèsent. N’est-il
pas censé babiller ? Pourquoi est-il si petit ? Pourquoi ne rampe-t-il
pas ? Ces jours-là, les hypothèses diagnostiques que je connais que trop
bien se faufilent insidieusement dans ma tête et dans le creux de mon ventre. Est-ce
que je fais tout ce qu’il faut et comme il faut ? C’est dans ces
moments-la que je pense à la mère juste correcte, imparfaite mais aimante.
Lâche pas la grande, tout ce que tu peux faire c’est de faire de ton mieux et
de lâcher prise sur le reste, c’est doc Winnicott qui l’a dit.