Wednesday, December 25, 2013

Donner c'est recevoir


Dans le cadre du mois de la paix les élèves ont réalisé de magnifiques dessins illustrant les gestes de respect au quotidien. Parmi les joyaux affichés dans l'école, un dessin en particulier m'a réellement touchée et est resté avec moi. 


C'est un message tellement simple et clair qu'il ne m'a pas quitté depuis et qu'il continue a résonner en ce mois de Noël. Mois qui n'avait jusqu'alors plus aucune signification autre que deux belles semaines de congé et trop, beaucoup trop de bouffe. Cette année grâce a ce dessin, Noël aura eu raison de mon cynisme de jeune adulte sans enfant. Cette année je me surprend à souhaiter Joyeux Noël à la caissière et au voisin, à fredonner des «Vive le Vent» et a écouter «Maman j ai raté l'avion» pour une Xième fois en me rappelant a quel point j'aimais Noël en 1990. 

Mais si je marche avec un sourire béat entre deux bordées de 30 cm, je remarque à quel point autour de moi Noël n'a pas le même impact. Pas plus tard qu'hier dans un parking je me fais faire le doigt d'honneur par une femme dans une van remplie de marmots ! Hein ? Qui fait ça à l'avant veille de Noël, que je me dis outrée. 
À la caisse populaire je souhaite un chaleureux joyeux Noël au banquier qui m'ignore et dit «suivant» ! Quel manque de courtoisie !

C'est sûr: je ne reçois pas de famille chez-moi, je n'ai pas de liste de cadeaux interminable à trouver et à acheter et par conséquent je n'ai pas a me soucier si j'aurais assez d'argent et de temps pour y arriver. Je n'ai donc surtout pas à juger du comportement stressé des autres, même à Noël. 

Si ce dessin m'a aidé a me mettre dans le vrai esprit des fêtes ça va m'en prendre un autre pour me rappeler que tous n'ont pas la même chance que moi et que donner ce n'est pas nécessairement recevoir instantanément ni même à tout coup
Donner sincèrement c'est dire Joyeux Noël sans attendre de réponse, c'est donner ma place de stationnement à cette maman pressée et c'est surtout ouvrir son coeur pour tout le reste de l'année. 


Sunday, December 8, 2013

Parlons de respect par temps maussade

Ouf pas fâchée de tourner le dos à novembre et de me plonger dans l’esprit de Noël pour un ptit break. Non mais quel mois ! Les plans d’intervention, les bulletins, les enseignants épuisés et préssés comme des citrons, les régressions en série chez tous, je dis bien tous nos élèves en difficulté ! Et je n’ai pas mentionné le temps gris et le petit côté maussade propre à tout bon mois de novembre.

Mais novembre à des Nations, c’était aussi «le mois de la paix», mois durant lequel nous avons mis en branle le projet d’encouragement aux comportements de respect. Journée en blanc, encouragement par le biais de coupons, affiches illustrant les gestes de respect, activité récompense et plusieurs rencontres du comité plus tard, nous voilà épuisés, mais satisfaits. Satisfaits d’avoir pour une rare fois parlé davantage de paix et de respect à nos élèves que de violence et d’intimidation.

N’y a t’il pas une loi cosmique qui dit que ce qu’on appelle par le biais de nos pensées et de nos comportements risque de se produire en réalité ? Qui n’a pas remarqué que depuis qu’on parle d’intimidation, les cas affluent drôlement ? Et comprenez-moi bien, c’est essentiel  de dénoncer et de faire une démarche sérieuse pour enseigner à nos élèves que c’est inacceptable, mais ne pouvons-nous pas parler un peu plus des solutions et juste un ptit peu moins du problème ?


C’est bien connu, les enfants sont des éponges, si on tape trop sur le clou de l’intimidation et de la violence, ils peuvent sentir qu’au fond il faut se méfier des autres. Si par contre, on leur rappelle au quotidien à quel point ils sont tous capables de respect, d’honnêteté et d’empathie je met un 10 là-dessus qu’ils finiront par le croire et par agir en conséquence. Si le mois de la paix a été essoufflant, il aura au moins permis à toute l’école de parler de respect et  d’empathie, ce qui se prend très bien par temps maussade !